Le billet de Jean : le retour

Billet n°6 :  Le retour du Tigre.     15/12/16

- « Allo patron ? Je viens de voir le Tigre. » – « T’es où ? Au zoo de Beauval ? Au Pal ?» – « Ben non patron, je suis chez l’idole des golfeurs. » – « Lidl de quoi ? » – « Chez le meilleur joueur du monde, patron : Tiger Woods. » – « Ah bin alors, ils sont mal les autres, très, très mal ! »  Et oui, celui qui a cumulé dans sa carrière quelques 623 semaines comme numéro un mondial (treize ans quand même), retombé au 898ème rang, a repris la compétition la semaine dernière aux Bahamas. Les godelureaux du circuit n’ont qu’à bien se tenir. L’ex-roi du gazon bien taillé revient pour reconquérir et exhiber son sceptre. Après une interruption de quinze mois due à une fidélité maritale frelatée et à un dos en vrac, le phénix aux 79 victoires et aux 14 titres du grand chelem veut renaître de ses cendres. Il arpente de nouveau les parcours et affole toute la presse spécialisée. Après une longue éclipse, la planète golf va sortir de l’ombre. Flashback avant le come-back. En 2009, le spécialiste de l’approche des trous s’investit un peu trop dans la promotion de son sponsor principal  »Nike » (qu’il faut prononcer à la française sinon…). Devenu addict du sexe, obligé de suivre une cure de six semaines de désintoxication dans un centre spécialisé du Mississippi, il avoue à son thérapeute jusqu’à cent vingt liaisons extra-conjugales. Ce qui prouve que le garçon a une énorme… mémoire. Bref, brouille avec madame, bidouille avec les avocats, embrouille avec les sponsors, tambouille pour le fric (500 millions $ pour son ex) conjuguées avec une rouille des lombaires et c’est tout son jeu qui se barre en c… quenouille. Une opération, puis deux, puis trois. La cata. Le mariole de la gaudriole et de la cabriole est tout de traviole. Le golf et les médias perdent leur baraque à fric : au pays de la pudibonderie hypocrite, on accepte mal les vilaines fredaines mondaines. S’ensuivent aménagement des lombes + nouvelle compagne (une championne de ski pour remonter la pente et éviter les dérapages) + lifting du swing + nouveau caddy. Bref, totale remise à plat vertébro-sentimentalo-golfique. Sera-ce suffisant pour gagner à nouveau et tenter de battre les records mythiques de Nicklaus (18 titres en grand chelem) et Snead (81 victoires) ? Pas sûr. Le temps du pouvoir hégémonique du roi Tiger semble révolu et les prétendants au trône laissé vacant montrent des crocs aiguisés et tranchants. C’est la dure loi de la vie de la savane : quand le tigre dominant la meute vacille, tous les subordonnés veulent lui faire la peau. Les tigreaux (et les grands maigres ?) affamés du circuit – les Spieth, Johnson, Day – n’ont pas attendu pour croquer goulûment dans le beau gâteau délaissé par le Tigre affaibli. Ainsi en 2016, quatre tournois majeurs et quatre vainqueurs différents. L’incertitude est certaine. Niké, déesse grecque de la Victoire, fait la nique aux pronostics.

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