Le billet de Jean : le retour

Billet n°5 : Tout petit déjà…     15/06/17

Avant lui, il y eut Frédéric Costes. C’était fin des années 70, au siècle dernier. Une éternité que les moins de vingt ans… Freddy que la France de l’ovalie acclama le 14 juillet 1979, notamment le légendaire duo Couderc-Albaladéjo, quand  »il sauva la patrie » à la 84ème minute. C’était à l’Eden Park d’Auckland. Il intervint pour capter un ballon d’essai promis aux Néo-Z, ce qui permit la toute première victoire des Bleus en terre All Black (19-24). Paul Jédrasiak est donc le deuxième international du Rugby Athletic Club Châteauroux (RACC pour les mordus du ballon ovale berrichon). Autant Freddy était monté fin, très rapide et insaisissable, genre Speedy Gonzales, autant Paul est un gaillard plein de muscles, genre Hulk. Du haut de son double-mètre et d’un quintal plus une vingtaine de kilos, il expose un gabarit hors normes. Tout petit déjà… il était grand. Dès l’école de rugby, impossible de ne pas le repérer sur les photos parmi les apprentis-ruggers du stade des Chevaliers. Trois bonnes têtes de plus que tous ses potes (1,90 m à treize ans). Un copain qu’on apprécie quand on sort le soir ou quand il faut repeindre les plafonds. Bien sûr, Paul n’est pas un adepte du cadrage-débordement. Ce n’est pas sa tasse de thé, ni de camomille d’ailleurs. Trop d’envergure. Plus proche du destroyer dévastateur que de la corvette furtive. Il est caréné et utilisé pour un poste dans lequel la ligne droite est le chemin le plus court pour aller en terre promise. Pas d’échappatoire. A grands coups d’épaules, il percute, carambole, tamponne et froisse des côtes. Bref, il bigorne l’adversité. Quand il n’a pas le ballon, il est là pour stopper l’adversaire, le plaquer au sol et le châtier physiquement, au prétexte que  »qui aime bien, châtie bien ». Et il aime beaucoup, Paul. Tout petit déjà, adepte de la maxime « où il y a du gène, il y a du plaisir. » Du gène rugbystique s’entend. Et il en a ! Papa, excellent pilier de son temps, lui a refilé l’ADN nécessaire pour être un grand joueur. Rompu aux tâches obscures de la mêlée, il ne se prive pas d’être dans la lumière le temps d’une charge de bison comme seul un deuxième ligne de sa trempe peut faire quand il esquive les premiers défenseurs. Conjuguant dans un travail de titan, soulèvement de fonte et préparation physique, travail technique et maîtrise mentale, le voilà aujourd’hui intégré à l’AS Montferrand après en avoir gravi tous les échelons, des Espoirs au Top 14. Gonflé à bloc (normal chez Michelin), il est une des poutres du pack auvergnat qui vient de remporter le bouclier de Brennus. Et pare-brise sur le tacot, il est à nouveau sélectionné en équipe de France partie en tournée en Afrique du Sud. Il va faire tourner le compteur des capes (six à ce jour). Sa nouvelle sélection convoque tout le banc et l’arrière-banc des Raccarians d’hier et d’aujourd’hui qui admirent le chemin parcouru. Forza Paulo !

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