Le billet de Jean deuxième édition

3. Menu fretin.      18/09/14
Luzenac, petit club de foot ariégeois, n’a pas eu le temps de savourer sa brillante saison de l’année passée, celle qui l’avait vu s’extirper des filets du championnat de National. La ligue professionnelle de football (LFP) l’a rejeté. « Trop petit ! » et plouf ! remis la tête sous l’eau. Luzenac n’avait plus la cote en ne faisant pas la maille. In fine, on peut penser qu’il y a eu beaucoup de friture sur la ligne et que les gros poissons de la LFP, certainement des loups (bars), ont jeté le bouchon un peu trop loin. Menés en bateau, leurrés depuis mai, âmes sonnées, Barthez et ses associés ont bien des raisons de prendre la mouche aujourd’hui. Ils avaient pourtant tendu la perche aux grenadiers de la commission financière pour les assurer de leurs capacités à surnager dans les eaux vives de la Ligue 2. Ils avaient mis le turbo afin que le budget, le stade et toutes les exigences de la LFP soient ad hoc. Réunis en conciliation avec les instances olympiques, ils avaient eu le permis pour que la petite ablette vienne nager dans les eaux réservées aux anguilles, tanches et autres vieux barbeaux. Illusion détruite. L’ablette s’est fait la frayère de sa vie. Elle a été sportivement promue, puis recalée, puis autorisée, puis refusée puis re-conciliée… pour être définitivement larguée et jetée par dessus-bord sans même la possibilité de revenir jouer dans son lieu d’origine (elle doit repartir en division d’honneur régionale). A ce jour, le club est torpillé. Le divin chauve, lassé d’être pris pour un congre, plie les gaules. Il ne veut plus mouliner à vide. Il faut dire que l’arrêt de la LFP ne lui a même pas laissé l’anchois non plus. L’aigle fin qui survole le foot professionnel se défend d’avoir voulu la mort du pêcheur. Mais dans les eaux troubles du football pro, les maquereaux ne se dévorent pas entre eux. Ils s’associent en bancs organisés pour apeurer le menu fretin. Cette histoire est amorale et va à l’encontre de l’appât de la compétition sportive qui veut que le vainqueur soit promu dans la classe supérieure. Là, le résultat sportif s’est noyé dans la nasse des règles obligatoires pour frayer dans le grand bain des cabots. Cette décision inique a cependant fait une heureuse repêchée : une belle et grosse carpe berrichonne, bien tranquille, qui barbotte trop gentiment dans les bas-fonds depuis quelques temps et qui crie « Au loup !» à la fermeture de la saison de pêche quand elle se voit prise dans les filets de la relégation. Il faudrait l’asticoter davantage, non ? Point à la ligne.

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