Les beaux jours arrivent, l’entente cordiale aussi…

Les beaux jours reviennent et le nombre de golfeurs prêts à en découdre sur le pré du Val de l’Indre grossit. Savoir jouer en toute harmonie s’apprend. Les plus rapides comme les plus lents doivent cohabiter en toute convivialité. L’étiquette de golf est claire. Page 18 du livret « Les Règles de golf » –> paragraphe 1.2 Normes de comportement du joueur ; 1.2a Comportement attendu de tous les joueurs : Il est attendu des joueurs qu’ils jouent dans l’esprit du jeu en :

    • Agissant avec intégrité — par ex. en respectant les Règles, en appliquant toutes les pénalités, et en étant honnêtes dans tous les aspects du jeu.
    • Faisant preuve de considération envers les autres — par ex. en jouant dans un bon rythme, en prenant garde à la sécurité des autres, et en ne perturbant pas le jeu des autres joueurs.
    • Prenant bien soin du parcours — par ex. en replaçant les divots, aplanissant les bunkers, réparant les impacts de balles, et en ne causant pas au parcours des dommages inutiles.

      Même si ces considérations s’appliquent au jeu de compétition, chaque joueur est susceptible d’accepter cette convention de convivialité, du bien-vivre ensemble, du respect de chacun dans les parties dites amicales. Si un groupe est plus rapide, en quoi serait-ce difficile de le laisser passer et de reprendre tranquillement sa partie par la suite ? Aucun déshonneur, aucune frustration, aucun ressentiment à avoir. Seulement un peu de bon sens. Sur les greens, relevez son pitch et même un pitch qui n’est pas le sien est naturel et sain, ratisser un bunker est la moindre des politesses pour les autres golfeurs, remettre un divot est indispensable. Bref, respect des autres et du terrain sont le reflet d’une bonne éducation golfique.

      D’autre part, le départ du trou n°10 est autorisé dès lors que le(s) joueur(s) en fait(font) la demande à l’accueil, après vérification du planning. Inutile de pousser des cris d’orfraie si un groupe démarre du 10. Ce même groupe devra adapter un comportement permettant le passage du groupe arrivant du trou 9 s’il s’aperçoit qu’il est moins rapide dans le jeu. Question de savoir-vivre encore une fois.

      Pour dérider l’atmosphère, relisez ce billet d’humeur rédigé par Jean Ferré. Souriez, vous êtes filmé.

Le billet de Jean : le joueur musard. Vous avez dit musard ? Comment c’est musard ?

Que celui qui, lorsqu’un joueur parti devant lui le fait attendre incongrûment, n’a jamais maugréé, pesté, rechigné, trépigné, lâché une bordée d’insanités (pour les plus impolis) lève son putter ou me jette sa première ProV1 ! On l’a tous rencontré un jour ou l’autre sur un parcours. Je veux parler du joueur lent qui te pourrit la journée avant même l’entame de ta partie.

Remarquez que, déjà, s’il est de bon ton de parler du jeu lent de manière génériqueon ne parle que rarement du joueur lent, comme s’il ne fallait pas le personnaliser, le désigner crûment à la vindicte populaire. Et pourtant tout le monde le (les) connaît !

Qui est-il donc cet olibrius, cet homo golficus lentus (étymologiquement qui signifie « visqueux, souple, flexible, paresseux, insensible« ), affublé également suivant l’éducation golfique de chacun de « flâneur, d’indolent, de musard, de pénible, de traînard et/ou de balourd » ? Peut-on décrypter son code de fonctionnement pour s’auto-immuniser contre un tel comportement ?

Tel l’éthologue diplômé du Muséum d’histoire naturelle, observons-le in situ, dans son environnement familier, sur un parcours de golf et grossissons quelques traits de l’individu dès l’entame de son parcours dominical. Le partisan du parcours semainier est un cousin  germain issu de la même souche qui mériterait certainement une étude complémentaire.

NB : ce billet n’est que le fruit de mon imagination hallucinante et délirante. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est totalement fortuite, n’est que pure coïncidence et ne saurait engager la responsabilité de l’auteur quand bien même les situations ci-dessous relatées vous rappelleraient indéniablement quelqu’un(e).

Ainsi donc, voilà homo indolus sur le pré, sur l’aire de départ du trou number one. Quand ses deux compagnons de jeu ont déjà réussi leurs mises en jeu, lui cherche encore ses tees et son gant dans les multiples poches de son énorme sac 18 pouces, sort une balle neuve toute fraîche, achetée ce jour au proshop quand il a payé son droit de jeu, re-fouine dans son barnum ambulant pour en retirer un marqueur qui lui sert délicatement à personnaliser son futur missile sol-air. Le tee enfin planté, il prend un léger recul, esquisse deux à trois moulinets de pêcheur à la mouche un jour d’ouverture au carnassier, fait un divot sur l’aire de départ, s’excuse platement de sa maladresse inhabituelle et se décide enfin à frapper, non sans avoir repris trois fois son alignement. Le missile sol-air se mue immédiatement en missile sol-sol en direction des bois ou en missile sol-Trégonce avec ce commentaire dominical stupide : « P… de m … qu’est-ce qui m’arrive aujourd’hui ? »

A ce stade peu avancé de sa partie, deux options s’offrent à lui : 1/ remettre une balle provisoire en délaissant le driver pour assurer une simple mise en jeu sur la piste ; 2/ enclencher la marche avant en espérant retrouver sa balle. Quelle option croyez-vous qu’il prenne ? La mauvaise systématiquement. Soit il rejoue une provisoire avec le même club et réitère la même connerie en balançant une nouvelle roquette artisanale dans les chachis, soit il se dirige piano-piano jusqu’au fourré susceptible d’avoir recueilli sa balle sinistrée. Aujourd’hui, Il est d’humeur optimiste et refuse de mettre une provisoire en jeu. Hélas, le ratissage de la zone s’éternise beaucoup plus que les trois minutes réglementairement accordées  par le Royal et Ancien (on n’oublie pas que le projectile est neuf et n’a été frappé qu’une seule fois, il y est donc viscéralement attaché). Mais la fouille des lieux est vaine et sous les conseils éclairés de ses partenaires, notre fin obusier se décide à retourner jouer une autre torpille (en général, une vieille balle jaunie par de   nombreuses heures de vol, réservée habituellement aux tentatives de survol des obstacles d’eau). Et voilà comment homo lambinus a déjà pris dix minutes de retard sur l’horaire, dès l’entame du trou n°1.

Par ailleurs, Homo traînardus se caractérise par une marche dont la vivacité rappelle étrangement le déplacement arboricole du paresseux (le fameux  des mots croisés qui est en fait un bradype de l’ordre des xénarthres, du grec bradus, lent et podos, pied). Je  vous rappelle que je suis diplômé du musée-hommes. (Note de l’auteur : un peu de culture n’a jamais fait de mal). Cette définition est pile-poil dans le mille de notre propos originel : notre spécimen se hâte lentement. Il respire et communique avec la nature environnante qui l’invite à l’apaisement, à la déconnexion de ce (ceux ?) qui l’entoure. Déjà qu’il se démène et s’agite frénétiquement toute la semaine au boulot, ce n’est pas pour speeder sur le pré le dimanche matin, non mais !

Homo musardus ne s’embête pas non plus avec une stratégie de jeu. c’est un adepte de la méthode Alési (célèbre pilote de F1 des années 90 dont la devise popularisée par les Guignols de Canal était : « A fond, à fond, à fond ») : tous les coups sont à donf, quel qu’en soit le coût pour le score. Pas de sécurité, il ne joue pas « petits bras, lui !» : ça passe ou ça casse … et trop souvent ça casse. Balle provisoire, recherche des scuds égarés et patatras pour la carte et …pour toi qui attend connement derrière. Ses surnoms au choix : Mulator, Hougnator, Tapator, Bourrator !

Autre travers de cet néandertalien de la tactique de jeu : la lecture des greens pour le putting. Il lui faut le niveau à bulle plus l’inclinomètre laser plus le relevé GPS des courbes de niveaux, trois aller-retours devant et derrière sa balle pour enfin se décider à putter et prendre finalement ses trois putts habituels en diabolisant l’enfoiré qui n’a pas relevé le pitch qui a dévié sa balle juste avant qu’elle ne tombe dans le trou.

Bref, comme l’écrit Pierre-Michel Bonnot, dans sa définition du jeu lent : « Fléau du golf moderne dont le porte-drapeau officiel se trouve justement dans la partie qui vous précède. C’est aussi d’ailleurs l’avis unanime des joueurs de la partie qui vous suit. Synonymes : escargots, traîne-bûche, vieux croûtons là devant, bandes de pintades qui jacassent sur le green du 12. » (Extrait de « Il est fort ce zéro », Ed. Prolongations).

* Musard : qui perd son temps à des riens (Larousse).

A suivre…

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