Les beaux jours arrivent, l’entente cordiale aussi (suite n°2)

C’est promis, juré, craché, dès demain, je m’inscris à un mixte de séances alliant taï-chi-chuan, yoga et méditation transcendantale pour extirper ces bouffées de haine qui m’ont envahi la cafetière durant ma partie de golf d’hier. Musard a transformé ce qui devait être une charmante matinée sportive en dix huit stations d’un chemin de croix, à l’image de sa carte d’ailleurs : un vrai massacre, une orgie de X, version XXL. La durée de sa partie : cinq heures quinze minutes pour faire le tour du pré ! Une éternité, que dis-je : un siècle, une immensité, une perpétuité ! Abandonné par St. Andrews et consorts (même par le réputé St. Antoine de Padoue, pourtant appelé à la recousse pour retrouver ses scuds égarés) notre bavard Musard ne sut plus à quel saint se vouer. Il accumula les déboires et le retard. « Le monde entier s’était ligué contre lui » à ce qu’il confessa au bar à qui voulait bien écouter ses jérémiades de louseur. Notamment quand il ne dépassa pas les boules rouges au 12 parce que quelqu’un avait parler dans son dos, boules rouges que P.M. Bonnot définit comme   »marques au sol signalant le départ des faibles femmes et mur de la honte en deçà duquel un drive masculin n’est rien d’autre qu’un éjaculat de souris grise. » Oui, peut être mais j’ai dans l’idée que s’il appliquait quelques conseils simples délivrés par le bon sens golfique, il pourrait s’épargner des durées excessives de présence sur le parcours et par là même, à tous les co-compétiteurs qui ont eu la malchance de partir derrière lui. A savoir : 1/ Adopter une stratégie de jeu en harmonie avec ses capacités techniques. Pas de coups impossibles sinon à se retrouver en difficulté permanente. « Il joue bien les bois mais il peine à en sortir ! » pourrait résumer ironiquement l’affaire. Deux fois cent mètres au fer 8 valent mieux sur le plan comptable qu’un deux cent mètres dans les bois au driver avec balle perdue, et retour à la case « départ ». Parfois, Musard mériterait même la case « prison ». 2/ Marcher plus vite. Une fois le coup joué : « Hardi ! Hardi ! Hardi ! » Je prends la charrette ou le fourre-tout et j’avance d’un bon pas : celui du marcheur sportif et non celui d’un promeneur et/ou d’un cueilleur de champignons et/ou d’un herboriste en quête de plantes à sécher pour son herbier. 3/ Etre prêt à jouer et A sa balle, jouerQuand mon partenaire joue, je me prépare déjà : je relève les indices pour ma prochaine trajectoire de balle (lie de la balle, vent, obstacles, distance…), je mets mon gant, je choisis mon club… Savez-vous qu’un joueur a cinquante secondes pour enclencher sa frappe dès lors qu’il a choisi son coup s’il joue en premier, pour un coup d’approche ou un putt ou s’il est au départ d’un par 3 et quarante secondes s’il joue en deuxième position ? C’est pourquoi, il est peut être nécessaire de revoir une routine trop longue aux multiples contorsions inutiles, mangeuses de temps. 4/ Ensemble lire les lignes de putt. Il n’est pas nécessaire d’attendre que mon partenaire ait engagé son putt pour commencer à entrevoir le fait que je vais devoir envisager à penser à l’exécution du mien. Sans gêner mes partenaires de jeu, je peux prendre les infos qui seront miennes pour MON putt. 5/ Le sac du bon côté. Il doit toujours être placé à la sortie, sur le chemin du prochain trou pour quitter rapidement le green. 6/ Coller la partie de devantRègle 6-7 : «  Le joueur doit jouer sans retarder indûment le jeu et conformément à toutes directives de cadence de jeu qui peuvent être instaurées par le comité. Entre l’achèvement d’un trou et le jeu depuis l’aire de départ suivante, le joueur ne doit pas retarder indûment le jeu. » Sur la carte de score, il y a une indication des horaires propres à chaque partie, pour chaque trou (11 mn pour un par 3, 14 mn pour un par 4, 17 mn pour un par 5). Il faut d’évidence la consulter pour conserver une cadence de jeu idoine et savoir s’il faut accélérer, non pas le rythme de jeu, mais la marche entre deux frappes pour regagner le terrain perdu. Vérifier le score se fait en se rendant au départ du trou suivant et marquer le score se fait en quelques secondes en arrivant sur le départ. S’il lui faut trente secondes par trou, en fin de parcours, Musard a perdu dix minutes ou presque.

Ces quelques recommandation sont valables pour les joueurs à un chiffre comme pour les joueurs à l’index supérieur. Elles doivent être prodiguées par tous afin que les compétitions de golf demeurent un plaisir et non une purge. Accepter quelques remarques de bon sens ne doit pas être considéré comme une réprimande mais une invitation polie à respecter l’étiquette* du jeu de golf qui est placée en « Section I – Etiquette ; comportement sur le terrain » du livret des Règles du Royal et Ancient.  « Au fait, Musard, as-tu jamais pris le temps de le feuilleter de temps à autre, au gré de  toutes tes erreurs ? Et adopte ce principe directeur : prends ton temps mais pas celui des autres ! »

« Le premier chapitre des règles du golf, c’est l’Etiquette. Apparemment, tout le monde commence au chapitre 2. » (Nick Mokelke)

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