Le billet de Jean : au ras du croupion !

Cocoricôôô…oups, au ras du croupion !

Enfin qualifiés ! Depuis le temps qu’ils nous gavaient avec ça, nos footeux y sont arrivés : bonjour Rio, bonjour Copacabana et ses danseuses de samba. Une défaite et ils n’avaient plus que le blues comme musique de fond à distiller dans ces satanés écouteurs qu’ils se scotchent en permanence aux oreilles.

Les gallinacés tricolores étaient déjà très mal embarqués dans les matchs de poule alors que les volaillers de la fédération nous vendaient encore leur coriacité et leur gnac, quand bien même ils avaient les crampons maculés de doute. « Vous allez voir ce que vous allez voir. Le tirage a été très favorable en nous offrant l’Ukraine, la plus faible des équipes de la basse-cour des barragistes. »

Le nuage d’illusions ne s’est dissipé qu’au deuxième acte de ce qui aurait pu devenir un fiasco. Nos coqs, qui dans cette affaire ont failli être coiffés d’un bonnet d’âne, y ont laissé beaucoup de plumes. Leurs croupions auraient même pu montrer des signes d’irritation car comme dit la poule : «  Passer du coq à l’âne… »

Au premier round, malgré une crête mi-rasée mi-peroxydée, nos coqs ont exhibé un bec pincé durant les hymnes et des ergots bien émoussés. Ils auraient été plus inspirés de s’inscrire au classement des coiffures les plus excentriques, au championnat de tatouage de bras le plus laid ou au prix des interviouves parfumées aux meilleures essences de bois. Ils les auraient remporté sans glousser. Bref, nos coqs de combat ont failli se muer en chapons inoffensifs. Pas de grinta et encore moins de capoeira pour nos coquelets, vous savez cette discipline mi-lutte mi-danse pratiquée au Brésil. C’est d’autant plus ballot qu’étymologiquement « capoeira » signifie « poulailler » en portugais.

Heureusement qu’au deuxième round, le cul dans les ronces, nos coqs ont relevé la crête. Ils avaient enfin revêtus le bleu de chauffe.

Les commentateurs sportifs, chaperonnés par des consultants-bavasseurs-donneurs-de-leçons issus de la génération titrée de 98, vont pouvoir souffler un peu et laisser la place aux autres disciplines. Il n’y a pas que le football sur la planète des sports. Il en existe même dans lesquels les acteurs sont souriants, affables, aimables et qui remportent des médailles dans des compétitions internationales. Comme, au golf, les superbes prestations de Grégory Bourdy et dernièrement celle de Victor Dubuisson en Turquie ou à la race de Dubaï. Ou les performances régulières de Karine sur le LPGA. Que les téloches et autres médias en profitent pour faire leurs promotions et rapporter leurs faits d’armes ! Qu’ils nous lâchent les baskets avec ces gélinottes trop grasses, plus accros à la réévaluation de leurs contrats et à compter leur blé qu’à mouiller le maillot tricolore. L’élevage en batterie dans les centres de formation du football hexagonal a montré la limite du niveau tactique de nos coquelets. A trop calibrer les poussins, les éleveurs-sélectionneurs ont castré l’inventivité et stérilisé les talents : trop petits, trop maigres, trop… mais trop c’est trop ! Cat cat un, cat cat deux et finalement cat cat codec ! De véritables poules qui ne savent plus se mouiller, avec un comportement moutonnier (voir Knysna) et quand le coq est ovin…il est cuit. Il se laisse alors manger à toutes les sauces !

Si Deschamps n’avait pas trouvé la clé in extrémis… Mais finalement, pour vous comme pour moi, comme dit le proverbe libanais :

« Que le coq chante ou non, le jour se lève ! »

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