Le billet de Jean : « Goodbye mister Palmer ! ».

        Du côté de Pittsburgh, Arnold Palmer a égaré le dernier drive de son parcours terrestre et a définitivement quitté les fairways. Arnie a remisé son sac ici-bas pour aller reconnaître les parcours paradisiaques de l’au-delà et saluer Saint Andrews. Mais la tradition suggère que les vieux golfeurs ne meurent jamais. On dit qu’ils partent chercher une balle égarée hors limites du terrain et qu’ils ne reviennent pas. Si le public connaît Tiger Woods aujourd’hui, c’est grâce à Palmer qui a fait entrer le golf dans l’ère de la modernité. « Il est celui qui a essentiellement amené le sport à l’avant-scène à la télévision. Si ce n’était son flair, son enthousiasme, sa façon de jouer, le golf ne serait pas devenu ce qu’il est aujourd’hui. » a affirmé Tiger. Avec Nicklaus et Player,  »The King » formait le  »Big Three », trio de joueurs mythiques qui archi-domina la planète golf des années 50-60. Son départ laisse le cœur de ses admirateurs (l’Arnie’s Army) aussi dévasté qu’un bunker après les tentatives de sortie d’un débutant. Beau gosse, charismatique, pétri de talent et de panache, il a dans sa fabuleuse carrière remporté 95 victoires dont 7 Majeurs et 6 Ryder Cup. Une légende, un monument, un arc de triomphe. Mais il n’était pas qu’un joueur brillant les clubs à la main. Il fut un visionnaire super-fin en étant le premier sportif à prendre un agent pour défendre son image et ses intérêts. Et pas n’importe lequel : Mac Cormark dit  »Mark the Shark » (Mark le requin) un jeune avocat qui allait devenir la figure emblématique de la profession d’agent. Il initia l’ère du sponsorisme en signant de juteux contrats avec les plus grandes marques comme Ray-Ban, Hertz, Rolex ou United Airlines. Premier sportif millionnaire en dollars, Palmer diversifia ses affaires en lançant ses propres lignes de vêtements et matériel de golf. Mais, alors que beaucoup de sportifs s’isolent dans leurs bulles de super-friqués, Palmer était le plus aimé du public pour son allure naturellement décontractée. Le champion américain Fred Couples rapporte : « C’est aussi simple que ça : Arnold Palmer était le mec le plus cool de tous les temps. » Il a été le joueur avec lequel tous les présidents des USA voulaient s’afficher en photo. Fair-play, humour, gentillesse collaient au personnage. « J’ai un truc infaillible qui permet de gagner cinq coups. Ça s’appelle une gomme. »  ironisait-il. Objet qu’il utilisa avec brio pour devenir l’architecte de golf aux 300 parcours dont le premier créé en Chine.

Le golf était plus qu’un jeu pour lui. Il avait sans doute adopté cet aphorisme de l’essayiste Grantland Rice : «  Le golf est en partie un sport, mais seulement en partie. C’est aussi une religion, un vice, un mirage, une folie, une peur, une joie, un frisson, une maladie, une foi, une mélancolie troublante, un rêve du passé, une déception au quotidien et un espoir pour demain. » Goodbye mister Palmer !

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