« Le quintal de Sainte Agathe » écrit, joué et réalisé par Jean-Michel Royer de l’équipe Mid Amateur messieurs

« Le Quintal de Sainte Agathe »

Je tenais à expliquer aux membres de l’ASGCVI comment on peut ramener un score de 100 (+ 28) sur un par 72… après 20 ans de pratique de golf !

Après un samedi plutôt « moyen mais y a pire» dixit mon capitaine David (avec une carte de 92), sur ce parcours dont on m’avait dit  « Ouuuuuuuuhhh ! Attention tu vas voir, c’est l’enfer là-bas » ! « Emmène des balles » ! et autres « Ben bon courage » !….), me voilà le dimanche 23 juin à 7H30 (lever 6H15, et oui c’est un véritable métier !) au tee N°7 (départ sur trous décalés vu la présence de 126 joueurs) : par au 7, par au 8…. Bien…Départ du trou N°9 : ceux qui connaissent me comprendront….Pour les autres, vous imaginez le Grand Canyon en Arizona, et bien c’est un peu la vision que vous avez mais en plus angoissant, et avec la vue sur Montluçon : il faut taper un drive qui va peut-être tomber là-bas, en bas de la piste noire, sur une bande de fairway de 20 m de large située à 250 m… Déjà le vendredi, lors de la reconnaissance, je m’étais dit : « Bon on verra ça demain. » Le samedi, j’avais fait un « bon bogey » comme on dit dans le jargon…

Revenons aux faits : drive tapé, balle qui part en léger draw (un peu comme à la télé) et mes co-compétiteurs admiratifs qui lancent un : « Super Jean-Michel ! » On voit la balle tomber et vaguement rebondir, puis disparaître… mais bon … c’est loin. Après qu’ils aient joué à leur tour, je demande : « Je joue une provisoire » ? « Non on l’a vue, mais vas-y, oui, au cas où !» Là, je fais une provisoire de manière un peu désinvolte, frappée sur un « mode 210% » qui part à droite en hors limite… « T’inquiète on a vu la première !». Nous descendons donc tous les 3 dans la Vallée de la Mort… et là RIEN… pas de balle ou alors d’autres balles mais ayant appartenu à d’autres joueurs probablement devenus dépressifs par la suite ou ayant opté pour la pétanque (on y perd moins de boules)

Donc, après les 3-4 minutes de recherche, je remonte la pente de 45° en courant sur les 400 m, coupant tout droit pour gagner du temps, à travers les herbes que j’avais cru moins hautes et moins mouillées… Arrivée au sommet de l’Annapurna : trempé de sueur et de rosée, avec plein de débris humides sur le short et des petits picots qui traversent les chaussettes (vous voyez ?), tension 22/12, fréquence cardiaque 188, à la limite du malaise vagal. Les joueurs qui nous suivaient se dirigeant vers moi avec un regard de pitié « Oh ! Le pauvre, je ne voudrais pas être à sa place ».

Donc, je tape mon 5ème coup de façon « moyenne », il tombe dans le grand rough à gauche, heureusement aux pieds de l’un des joueurs. Je re-descends rapidos et retrouve la balle sous des herbes de 60 cm : on ne la voit quasiment pas. Coup de wedge de… 20 m …. et je suis encore à 210 mètres du drapeau, en transit sur le fairway du 12. Le septième coup envoie la balle injouable contre un arbre….….. etc…. score de 11 sur ce par 5 (sextuple bogey).

Au départ du trou suivant, comme je n’ai pas de Calvados ou de Valium en injectable sur moi, je décide de jouer un fer 6 (au lieu du driver !) au départ …mais les yeux fermés. Ça marche assez bien, avec un bogey… Mentalement et physiquement, je suis à la limite de la rupture et je calcule que pour rattraper le « 11 », il me faudrait 1 ou 2 birdies assez vite…. C’est oublier que le trou N°11 est un par 3 classé le plus difficile du parcours : drapeau à 192 m en descente sur green en île…Les 2 jours précédents on avait vu qu’un fer 5 était suffisant en jouant à gauche, tranquille, et je me dis «joue un fer 6 devant, court du green, pour assurer », et là, je sais pas si c’est l’adrénaline ou quoi mais la balle est sortie du club à 400 km/h, parfaitement rectiligne, mais,…beaucoup trop longue, donc dans l’eau…

 (À SUIVRE)

Jean-Michel Royer

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