La socquette légère.
C’est la dernière histoire belge qui fait grincer les dents des pédaliers du peloton : le dopage mécanique. Il ne fait pas se tordre de rire les cadres de l’UCI où, décidément, il y a un véritable concours Lépine pour l’innovation dans la supercherie. Voilà les cyclistes qui chevauchent une bécane assistée d’un mini-moteur électrique planqué dans les tubes du vélo ! C’est moins risqué pour la santé, c’est clair. Je rassure Clampin : le coureur est quand même condamné à pédaler… un peu, il ne faut pas exagérer non plus. Il y avait déjà eu de forts soupçons de triche avec Cancellara, véritable mobylette, dans le mur de Grammont du Tour des Flandres 2010 quand, cul sur la selle, mains en haut du guidon, il déposait Tom Boonen en fumant la pipe. Puis, à la Vuelta, il y eut ce vélo-toupie dont la roue arrière n’en finissait pas de tourner après une chute anodine. Et que dire de l’insolente facilité de mister Vroom-Vroom qui mouline du braquet, la socquette légère, tout en montant les lacets les plus raides au Tour de France. Et cette pauvre gourde belge qui, aux Mondiaux de cyclo-cross à Zolder, tire une bobine longue comme ça et qui, en plus, finit à pied avant d’abandonner. Plus de jus apparemment. Mais le moteur électrique est déjà à raccrocher au clou (bi-clou s’il y en a deux). Il y aurait déjà beaucoup mieux comme hypercherie (supercherie XXL) d’après le canard italien »La Gazetta dello Sport » : les roues électromagnétiques. Du high tech: des fils électriques discrètement planqués à l’intérieur du profilage du pneu, inaccessible à moins de lacérer le boyau. L’énergie est accumulée dans les descentes ou sur le plat et restituée sur demande du coureur : gain de 5 à 10 km/h. Coût de la plaisanterie : 200 000 €. Ah ben là, pas de petits joueurs ! C’est du gros, du lourd ! C’est le dopage 2.0. Ce n’est pas de la ganivelle de foiraille, pas le dopage de grand papa, pas celui des nageurs allemands préparant les JO de Montréal 1976 par exemple. A cette époque, les penseurs de la natation allemande s’inspirèrent des us et coutumes des armées napoléoniennes. Les dragons, pour avoir un minimum de noyades de chevaux de cavalerie lors de la traversée des rivières, insufflaient de l’air, par voie rectale, à l’aide d’un soufflet, dans les intestins des canassons augmentant ainsi leur flottabilité. Reprenant l’idée, les nageurs germains recevaient, avant l’entraînement, à l’aide d’un clystère, deux litres d’air censés faire office de bouée intestinale. Mais le trop de flottabilité gênait le nageur qui devait, en plus, serrer les fesses afin d’éviter les fuites, aucun bouchon efficace n’ayant été inventé. Et se mettre un doigt dans le luc déséquilibrait trop la technique de nage ! Si ça, ce n’était pas une belle trouducuterie… et pourtant l’idée ne manquait pas d’air ! L’année 1976 ? Anus horribilis pour le nageur germanique ! C’était déjà une histoire de boyaux… Gonflés les mecs !